- Don Juan -
(adressant encore la parole à son père, quoiqu'il soit sorti.)
Hé !, mourez le plus tôt que vous pourrez, c'est le mieux que vous
puissiez faire. Il faut que chacun ait son tour, et j'enrage de voir
des pères qui vivent autant que leurs fils.
(adressant encore la parole à son père, quoiqu'il soit sorti.)
Hé !, mourez le plus tôt que vous pourrez, c'est le mieux que vous
puissiez faire. Il faut que chacun ait son tour, et j'enrage de voir
des pères qui vivent autant que leurs fils.
(se met dans son fauteuil.)
- Sganarelle -
Ah ! Monsieur, vous avez tort.
- Sganarelle -
Ah ! Monsieur, vous avez tort.
- Don Juan -
(se levant.)
J'ai tort !
(se levant.)
J'ai tort !
- Sganarelle -
(tremblant.)
Monsieur...
(tremblant.)
Monsieur...
- Don Juan -
J'ai tort !
J'ai tort !
- Sganarelle -
Oui, Monsieur, vous avez tort d'avoir souffert ce qu'il vous a dit, et
vous le deviez mettre dehors par les épaules. A-t-on jamais rien vu de
plus impertinent ? un père venir faire des remontrances à son fils, et
lui dire de corriger ses actions, de se ressouvenir de sa naissance,
de mener une vie d'honnête homme, et cent autres sottises de pareille
nature ! cela se peut-il souffrir à un homme comme vous, qui savez
comment il faut vivre ? J'admire votre patience ; et si j'avais été en
votre place, je l'aurais envoyé promener.
Oui, Monsieur, vous avez tort d'avoir souffert ce qu'il vous a dit, et
vous le deviez mettre dehors par les épaules. A-t-on jamais rien vu de
plus impertinent ? un père venir faire des remontrances à son fils, et
lui dire de corriger ses actions, de se ressouvenir de sa naissance,
de mener une vie d'honnête homme, et cent autres sottises de pareille
nature ! cela se peut-il souffrir à un homme comme vous, qui savez
comment il faut vivre ? J'admire votre patience ; et si j'avais été en
votre place, je l'aurais envoyé promener.
(bas, à part.)
O complaisance maudite, à quoi me réduis-tu !
O complaisance maudite, à quoi me réduis-tu !
- Don Juan -
Me fera-t-on souper bientôt ?
Me fera-t-on souper bientôt ?